Éléonore Ghiuritan

En pièces

Éléonore Ghiuritan a été mannequin pour les plus grandes marques de haute couture. Pendant dix ans, elle a voyagé à travers le monde pour Dior, Prada, Céline, Hermès… Exposée, photographiée, agrandie, son image a été reproduite sur les pages des magazines, dans les campagnes de pub. Puis, elle a brutalement décidé d’arrêté : quand le corps n’est plus qu’un signe, une ligne, une surface, il est à la fois plus visible et plus étranger à celle qui l’habite. En Pièces est le témoignage de son cheminement.

Éléonore Ghiuritan évoque la mort de son père, vomit son anorexie et dissèque ses rapports à l’amoureux. Obsession de la nourriture et de la maigreur, dégoût du corps. Quand son père tombe malade, la narratrice décide de disparaître à son tour, comme si elle tentait d’engloutir le cancer dans sa propre chair.

Son corps se réduit à mesure que le père décline dans la maladie. Quand vient la mort, elle comprend qu’elle ne pourra pas le suivre jusqu’au bout de l’effacement. C’est alors sur d’autres hommes qu’elle expulse sa maladie, et ce qu’elle appelle « amour » ressemble davantage à un lavage d’estomac.

Car l’anorexie ne découle pas de la volonté de mourir. Au contraire. Elle apparaît comme le seul moyen de se maintenir en vie : se faire toute petite pour être la moins exposée possible, engourdir le corps pour ne pas ressentir ce qui pourrait nous anéantir, gommer toute manifestation de notre féminité pour ne pas que celle-ci nous mette en danger. Finalement, on aime la vie plus que personne, au point de la risquer, notre vie, pour la conserver.

Longiligne, en vers libre, l’écriture d’Éléonore Ghiuritan est précise, étroite comme s’il s’agissait d’épouser l’interdiction qui est faite au corps de prendre l’espace : pas de débordement, pas de gras, juste une ligne qui tient debout au centre de la page.

Les poèmes s’enchaînent, multipliant des images bizarres, terribles ou drôles.

Outre la couverture nous avons demandé à l’artiste Florence Manlik de tracer certains poèmes de l’autrice, les transformant en véritables mantras.

Informations

16 €

genre | poésie

domaine français

parution Avril 2026

15 x 22 cm | 96 pages

isbn | 9782359631814

Une carrière de mannequin où l’autrice a été surexposée pendant dix ans. Revenue de cette période, le corps est toujours emblématique et obsessionnel dans son rapport au monde. La mort de son père stigmarise un désir d’effacement, prendre soudain le moins de place possible. L’anorexie pour ne plus ressentir, s’engouffrer dans le vide. L’écriture est comme ce témoignage, imagée, tragique et décalée.

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Éléonore Ghiuritan a été mannequin pour les plus grandes marques de haute couture. Pendant dix ans, elle a voyagé à travers le monde pour Dior, Prada, Céline, Hermès… Exposée, photographiée, agrandie, son image a été reproduite sur les pages des magazines, dans les campagnes de pub. Puis, elle a brutalement décidé d’arrêté : quand le corps n’est plus qu’un signe, une ligne, une surface, il est à la fois plus visible et plus étranger à celle qui l’habite.