Qui s'oppose à l'Angkar est un cadavre

Paul de Brancionqui s'oppose à l'angkar est un cadavre_Paul de Brancion

C’est un voyage dans le Cambodge d’aujourd’hui pas encore – à peine – sorti de son passé.Ce texte    poétique – suivi d’un livret d’opéra – s’affronte à l’inarcération, la torture, l’enfermement. Il traite            des crimes contre l’humanité perpétrés par les Khmers rouges : souffrances qu’un peuple s’est infligé à lui-même. Cette capacité de l’homme à s’auto mutiler, à tourmenter son propre corps est au coeur de      « Qui s’oppose à l’ANGKAR …». La violence s’oppose à la douceur d’un pays lumineux.

Ce livre au ton poétique retenu se met en retrait de l’horreur dans une sorte de politesse distanciée. Surdité assourdissante qui s’impose devant une question à laquelle ne se trouve aucune réponse. Il n’y a pas de banalité du mal mais une pesanteur de cette vie qui continue malgré tout.

Le livre de Paul de Brancion fait écho à son oeuvre qui s’intéresse au fil des ouvrages à la souffrance intérieure, celle de la perte (Le marcheur de l’oubli), de la maladie (Tu-rare), des imprécations du temps.

 

 

 

 

 

 


 

Extrait

Tuer est un travail

harassant

   et sale

 

qui le fait ne s’en sort

qu’à l’écervèlement du juste

 

ce qui est bien

 

oublié

nié

 

la mort a ceci d’inéluctable

 

après

pas revenir en arrière

      pas pouvoir

ne reste que détruire

      faire disparaître les traces

 

 pourquoi ne pas revendiquer l’immondice

et assumer jusqu’à la lie

la froideur ciselée du rejet de toute humanité belle