Peuplié, c´est l´aventure d´un arbre devenu verbe. Peuplié, c’est aussi  l’histoire de Fredinand Man et Liesl Wagner, amants tragiques, partageant tous deux l´infortune d´une naissance “entre deux siècles”. À cette trame minimale, s´entremêlent librement des échappées sonores, des axiomes existentiels, de longues douches “comme remèdes universels”, et une traversée de l´Europe germanophone où croiser, en pensée ou dans le texte, Heine, Apollinaire, Hölderlin, Bachmann. Peuplié, c’est enfin le lieu où s’égrènent des questions adressées à chacun, mais qui n’attendent pas de réponse : comment accepter ce qui ne peut pas l´être, comment renaître de ses cendres, la poésie est-elle dépeuplée, comment faire encore trembler le poème, comme tremble la couronne de l’arbre, d´un mouvement multiple, harmonieux, communicatif ? 


Cher Ferdinand

Der tod ist schlafes bruder,

cela veut dire : les morts ne dorment pas. Cela veut dire :

les morts ne rêvent pas. Cela veut dire : ils n’attendent pas

la délivrance, ni, rien.

Je n’ai tenu aucune promesse. Je ne demandais jamais

pardon.

Tu as vu mon corps il gisait. Le désir tenaille ce qui me reste

de souvenir. Ce qui me reste de chair te décline infiniment