La fabrique de levure

Le recueil se compose de sept sections comprenant chacune de quatre à sept textes de poème en prose. Chaque section fonctionne comme une série de tableaux. Chaque poème en prose se présenTe ainsi comme une petite histoire ancrée dans l’Histoire et l’imaginaire propre du poète.

La première section, qui a pour titre le nom d’une rue, Smoleń, rassemble sept textes qui évoquent le souvenir de deux rues, d’une usine, d’un village, d’une église, d’un magasin et d’un établissement thermal. Ces souvenirs apparaissent comme des souvenirs d’enfance, images d’une réalité évanouie. deuxième section qui s’intitule Le petit pâtissier évoque quatre tableaux de Soutine. La troisième section s’intitule  Le carré blanc et présente cinq tableaux de Malevitch. La quatrième section, intitulée Les voleurs, compte cinq textes qui se situent entre la réminiscence du passé et le tableau, empreints de  références à la vie juive. 

La cinquième section, Villar R, du nom du tableau de Klee, se compose de sept textes évoquant des tableaux de Schiele et de Klee.La sixième section, Cathédrale, est consacrée à cinq tableaux d’Ensor.

La septième section, enfin, a pour objet une série de Maisons polonaises qui rappellent des lieux, paysages et personnages disparus appartenant à l’expérience intime du poète ou bien à des réminiscences plus lointaines. Le passé se mêle intrinsèquement au présent pour recréer de nouveaux paysages. 

 


 

 

L’Eglise

Le rabbin avait une longue barbe et une femme. La femme du rabbin nous offrait des krepleh mais nous, on préférait se cacher dans l’église. Il y avait là de nombreuses portes oubliées que l’on n’ouvrait jamais. Le prêtre, qui priait dans l’une des pièces, n’était pas un prêtre en réalité. Les chaises disposées en rangs donnaient l’impression d’absents. L’habit était de polyester, on avait trop chaud dedans. J’ai aussi vu là-bas un petit garçon à côté duquel était assis un chien. Tout le monde l’entendait souffler.