Kouam Tawa prête sa voix aux femmes africaines pour chanter leur destin. Femme soumise à la famille, à l’homme, à la société, aux regards des autres, elle dit ses désirs et ses regrets, ses révoltes aussi dans une langue mélodieuse. Proche par sa forme des chants , des mélopées, la parole est âpre, le regard sans concession.

 


 

J’aurais aimé aller ailleurs. Voir de près ce qui est au loin. Voir de loin ce qui est auprès. Sourire à d’autres yeux. Serrer des mains nouvelles.

 

J’aurais aimé aller ailleurs. Courir sur une plage. Patauger dans la neige. Chanter sur l’autoroute. Rêver dans un building.

 

J’aurais aimé aller ailleurs. Comprendre l’expression «étrange étrangère». Goûter à la bonne solitude. Avoir du temps pour moi.  

 

J’aurais aimé aller ailleurs. Parler des langues que j’ignore. Comprendre des choix qui m’étonnent. J’aurais aimé aller ailleurs. Ailleurs. Ailleurs.

 

Dans ce trou je suis née, dans ce trou j’ai grandi et dans ce trou je vis. Comme ma grand-mère qui est née au village, a grandi au village, a vécu au village. Mourrai-je dans ce trou