Jacques EstagerDouceur_Jacques Estager

et Jean-Luc Meyssonnier

Estager raconte ainsi Douceur: «l’origine de Douceur est notre collaboration qui aboutit à un livre de poésie et photographie, de l’un et l’autre ; ce qui s’est concrétisé dans l’amitié, la connaissance réciproque de nos travaux, et Jean-Luc m’a d’abord proposé deux, trois images qu’il liait et avait fait à partir de textes. La première fut cette « façade », une façade où la lumière entrait dans la nuit, de la gauche, et se retrouvait au bord droit, et j’ai pensé à jour et nuit, lumière et nuit, lumière dans le noir ou les noirs de la photographie ; ainsi ai-je pensé qu’il y avait là la maison de Douceur ; il y eut cette autre photographie, de fleurs au-dessus d’une table de jardin, et ce fut le jardin de derrière la maison de Douceur ; tout en même temps nous avons « parcouru » son travail, son écriture poétique-photographique et ensemble avons avancé dans le noir et blanc ».

Douceur est un livre dans lequel texte et photos sont étroitement liés, les uns révélant, cachant, suggérant les autres. On retrouve la musique et le monde de Jacques Estager : silhouettes, arbres et chemin, herbe, lumière et ombres, opacité et transparence, transfigurés par une langue qui tisse et entremêle la phrase et l’image en un tissu moiré.

 

74 pages, 15 euros

 

 

 

 


 

Extrait (Jacques Estager)

 

je suis bien resté là,

des jours, à la mi chemin de l'horizon belle allongée et coudée là-bas sente de l'horizon,

 

dès la nuit, sans bruit, entre l'auberge et le jour

d'abord dès la nuit, sans image, moi rêveur des vies

déjà rêveur des chambres aux fenêtres sur les jardins

d'abord pas la nuit des premiers jardins

d'abord pas le jour des premiers jardins,

entre l'auberge et le jour

dans la chambre de Douceur