CONTOURS DU PIÈGE

Étienne Paulin

Quatre ensembles de textes poétiques constituent Contours du piège, quatre chants souvent énigmatiques, traversés par une écriture inventive et fantaisiste, usant du langage come d'un nid de chausse-trappes et conduisant son lecteur dans des régions insoupçonnées. Patrice Maltaverne a évoqué au sujet de cette poésie "cette impression que n'importe quoi peut survenir au détour d'un vers, d'une phrase. Cette attitude dégagée avec la vie, cette manière d'être plutôt ironique, ce regard aristocratique sur l'existence, vue comme un bric-à-brac de présent et d'inactuel". Les mots de Contours du piège guettent l'inouï, avec une légère ivresse, entre vie rêvée et terreurs d'enfant.

 

 


 

Extrait

Le monstre est fou.

Les fous n'ont pas l'obligation de fuir, ils fabriquent des paresses qu'ils oublient dans les squares, vivant d'ombelles.

Les fous

n'ont jamais faim,

tu leur donnes un soulier et voilà qu'ils recommencent à mourir, à t'aimer, voici les monstres, voilà les fous.