Bois de peu de poids, été - automne

Bois de peu de poids se découpe en deux parties 1- été- automne (présenté ici) et hiver- printemps (à venir) . Ce livre  tente de saisir l’écoulement du temps, le passage des saisons, continuant et modernisant ce thème lyrique ô combien traditionnel. C’est ici une tentative d’atteindre quelque épique tombé dans le quotidien, de permettre au poème de traduire la parfois difficile traversée des jours, les angoisses et inquiétudes afférentes, en s’adressant par un « tu » au lecteur autant qu’à soi-même. Du lyrisme à rebrousse-poil, en quelque sorte.

Les poèmes de Bois de peu de poids seraient aussi une manière d’aller vers plus de réel en débordant la réalité, de rendre palpable un réel plein de vie vécue. L’intime ne serait au fond qu’une porte d’entrée dans ce réel saisi intimement par une émotion à laquelle l’écriture ne va pas céder, la canalisant par une forme. Il s’agit de débusquer sous le quotidien autre chose – quoi ? – qui échappe. À partir de cette chose changeante, mouvante, les vocables vont donner naissance à du concret, du tangible, du bâti – des poèmes.

Bois de peu de poids utilise les limites et la contrainte comme des trompe-l’œil, en des façons de faux-sonnets balafrés. L’enveloppe de ces derniers paraît obéir à un même canevas, mais à l’intérieur, la liberté totale prédomine : fondus enchaînés, ellipses, ruptures, brisures, détours, reprises, boucles, etc.


 

tomate + basilic = été au jardin

dans ton assiette / avec tous les étés

de tous les jardins / celui-là même

qui paresse devant toi & d’autres

 

plus à l’ouest souffrant du manque

de pluie / malgré le ciel nuageux

 

cet après-midi / une averse en soirée

 

ici / l’été avec ses roses éphémères /

ses feuilles qui chutent déjà là-bas /

t’apprend-on / au-delà des haies

du bocage & des marais / le basilic

 

en lamelles + une tomate en rondelle /

des mots qui t’ouvrent un présent

 

de futurs regrets d’étés au jardin